Qu’est-ce que le sacerdoce commun des baptisés ?

Le sacerdoce

eglise jeanne d'arc niceIl désigne une médiation dans la relation entre Dieu et les hommes. Cette médiation est parfaite en Jésus-Christ. Mais, par son baptême, tout chrétien est appelé à prendre part à la mission du Christ là où il se trouve, quel que soit son état de vie. Le sacerdoce commun des baptisés signifie donc avant tout leur participation au sacerdoce du Christ. Il est appelé commun non parce qu’il est quelconque, mais parce qu’il est reçu en partage par tous les baptisés. C’est considérable : chaque fidèle du Christ est appelé à participer à la mission de salut du Seigneur. Et pour cela, nul besoin d’autorisation, d’appel hiérarchique, d’envoi, de reconnaissance institutionnelle : par la grâce du baptême et de la confirmation, l’Esprit Saint consacre chaque fidèle du Christ pour participer à l’œuvre du Christ.

Comment s’articule-t-il avec le sacerdoce des prêtres ?

Les deux réalités sont ordonnées l’une à l’autre. Le ministère sacerdotal exprime de façon « extérieure et visible » le sacerdoce du Christ auquel nous avons tous part. Il a été institué pour manifester que tout vient du Christ, que cette mission demeure celle du Christ, et non pas la nôtre. Le premier sacerdoce appartient à la nature même de l’être chrétien, le second n’est reçu que par quelques-uns en vue du bien de tous. Saint Augustin l’exprimait ainsi : « Avec vous je suis chrétien, pour vous je suis évêque. » Entre les deux sacerdoces, il y a une différence de nature et non de degré : la participation des fidèles n’est pas moins importante. Au contraire. Le sacerdoce ministériel n’existe pas pour lui-même mais il est au service de la vie chrétienne, pour aider à vivre pleinement cette participation au sacerdoce du Christ, que Vatican II (Lumen Gentium 10) exprime aussi par l’appel de tous à la sainteté. Ce « sacerdoce commun » fait partie de la Tradition de l’Église depuis l’Écriture Sainte.

La première Lettre de Pierre parle de la « race élue, sacerdoce royal, nation sainte, peuple que Dieu s’est acquis » (1 P 2, 9). Saint Paul à son tour met l’accent sur le peuple de Dieu où il n’y a plus « ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme » (Ga 3, 28). Plus largement, il s’enracine dans la prédication du Christ qui invite tous ses disciples à l’imiter. Mais il est vrai que le sacerdoce baptismal à certaines époques a pu être éclipsé par le ministère sacerdotal. Ce que Luther n’a pas manqué de critiquer très durement, en allant jusqu’à affirmer que le sacerdoce ministériel avait détruit le « vrai sacerdoce ». Le concile Vatican II a véritablement mis en valeur le sacerdoce commun des baptisés. L’Église est sortie de la chrétienté et s’interroge : comment un chrétien doit-il se situer dans la société ? Notre société sécularisée, qui ne connaît pas le Christ, a tellement besoin du témoignage de la communauté chrétienne ! Tout fidèle a reçu de l’Esprit Saint des charismes pour communiquer sa foi et participer à l’édification du corps entier.

(extrais interview P Chrisian Delarbre)