Fête du Christ Roi

C’est avec la fête du Christ-Roi de l’Univers, instituée en 1925 par le Pape Pie XI, que s’achève l’année liturgique.
Cette fête met en lumière cette réalité que dans le Christ tout sera récapitulé, accompli.
Le Christ-Roi est un concept christologique, qui évoque la royauté, la domination ou pouvoir (potestas) de Jésus-Christ sur toute la création (l’univers créé par Dieu). L’Église catholique enseigne que le monde est transformé par la mort, la résurrection et l’Ascension de Jésus-Christ. « Parce que la mort du Christ en croix et sa résurrection constituent le contenu de la vie quotidienne de l’Église et le gage de sa Pâque éternelle, la liturgie a pour première tâche de nous ramener inlassablement sur le chemin pascal ouvert par le Christ, où l’on consent à mourir pour entrer dans la vie ». En entretenant cette mémoire pascale, la liturgie cultive une distance à l’égard de tout pouvoir.

Cette fête est instituée dans un contexte culturel et politique particulier. L’entre guerre est marqué par l’affirmation de la volonté de domination du matérialisme pratique (capitalisme) et du matérialisme dialectique (communisme) et une montée en puissance du laïcisme en Europe . Le pape s’inquiétait légitimement de cette évolution occidentale.

A la requête de la mère des fils de Zébédée, « Ordonne que mes deux fils que voici siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ton Royaume » (Mt 20,21), Jésus répond : « Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire? » (Mt 20, 22), ce qui évoque la Passion. Et il le fait en précisant qu’il n’a pas le pouvoir d’accorder ce qui est demandé :        « vous boirez ma coupe; quant à siéger à ma droite et à ma gauche, il ne m’appartient pas d’accorder cela, mais c’est pour ceux à qui mon Père l’a destiné » (Mt 20,23). La suite du texte, qui souligne la jalousie entre les disciples, traduit cette transformation fondamentale, opérée par la foi au Christ, du rapport chrétien au pouvoir :               Le Christ Roi entraîne derrière lui ses sujets vers la victoire ; il faut qu’Il règne pour que ses sujets profitent du royaume).

Viendra après cette fête qui marque la fin de l’année liturgique la période de l’Avent, qui précède Noël de quatre semaines.

Dire que le Christ est roi, c’est dire que ce sera cela la fin du monde !

C’est une manière d’annoncer ce que sera la fin du projet de Dieu quand enfin il va être accompli !

Effectivement, Christ sera Roi.

Je crois que c’est surtout pour nous pousser, pour nous inviter à hâter sa royauté, son royaume… Comment ?         En vivant comme lui le mystère du service du frère et en consentant au don gratuit de soi. C’est la grâce de notre baptême où marqués de l’onction de l’Esprit Saint, nous avons été tous et chacun configurés au Christ pour être avec lui prêtre, prophète et roi.

  1. F. Banvillet(Sources: Marie-Noëlle Thabut – Patrick Prétot.)