Le temps de l ‘Avent est un temps d’attente. Ce n’est pas simplement un anniversaire historique.
Il y a un autre niveau , plus intime, plus personnel : sa venue invisible pour chacun de nous, dans notre histoire.
A nous de l’accueillir ! Il y a plusieurs siècles, on appelait ce temps avant Noël « le carême de Noël ».
Les orthodoxes ont gardé cette façon de vivre le temps de l ‘ Avent, comme un temps de pénitence.
Les catholiques sont plus nuancés: ils insistent sur la posture de veille.

Qu’est-ce que l’Incarnation ?

C’est un acte par lequel le Fils de Dieu a fait sienne l’humanité en prenant une âme et un corps. Cela n’a pas été une évidence pour les premiers chrétiens. Il a fallu adapter certains termes afin d’annoncer Jésus aux non-juifs. ( ex : le mot « chair » : il a pris chair de la
Vierge Marie…) Pour certains, le mot «  chair » évoque le matériel, le corporel, la finitude, ce qui va se décomposer. Les Pères de l’Église ont donc réfléchi, travaillé et plutôt que de parler de « chair » ont préféré le mot ‘‘homme’’ .
( ‘‘Il s’est fait homme’’ )
Le Concile de Chalcédoine en 451 a établi le consensus de foi et pourtant, il y a eu et il y a toujours des divergences , des résurgences des querelle christologiques du IV °s !
D’où des Eglises séparées encore maintenant.
– les docètes pensaient que Jésus (Dieu) s’était déguisé ( avait pris l’apparence d’un homme)
– Les adoptianistes pensaient que Dieu avait trouvé en la personne de Jésus une figure de perfection humaine. et s’était glissé en lui.
– Les nestoriens ( de Nestorius évêque de
Constantinople) pensaient que les deux
natures (humaine et divine ) s’étaient
juxtaposées mais pas unies. Cela a eu pour conséquence de nier l’affirmation de Marie comme Mère de Dieu. L’humanité de Jésus ne serait que le temple de sa divinité. Les coptes pensent qu’il y a une seule nature en Jésus. Ce sont les Eglises jacobites qui vivent cette doctrine.
L’Église, par les Pères de l’Église, dit qu’il y a intégrité des deux natures, qu’il n’y en a pas une qui altère l’autre ou qui l’épuise ou qui la phagocyte ou qui est plus présente que l’autre.
Le credo affirme CONSUBSTANTIEL

Pourquoi l’Incarnation ?

Y aurait-il eu Incarnation s’il n’y avait pas eu la faute originelle ?
Cette question n’a été posée qu’assez tard, vers le 11° siècle par l’école franciscaine qui a développé, amplifié cette notion de  « faute » (J. Duns Scot). Ils pensaient que l’incarnation aurait eu pour justification la manifestation de la plus grande gloire de Dieu . Saint Thomas d’ Aquin va clore le débat en affirmant que l’Incarnation a pour but le salut de l’humanité.
Jésus nous apprend l’obéissance filiale
parfaite.

L’enjeu de l’Incarnation

C’est la filiation adoptive de Dieu.
Même sans le péché d’Adam et Eve, nous en aurions eu besoin. Le baptême nous établit fils de Dieu. Nous devons apprendre à être véritablement des fils de Dieu. C’est notre vocation de chrétien. Dieu s’est homme pour que l’homme soit fait Dieu.
Jésus est médiateur dans l’amitié avec Dieu. L’Incarnation de Jésus, fils de Dieu, fait partie d’un dessein éternel de Dieu.
Nous portons en nous ce désir de Dieu.
Lucifer a attaqué Jésus («  Si tu es vraiment le Fils de Dieu…. ») et nous attaque dans notre filiation avec Dieu . Le péché c’est la division.
L’Incarnation est un acte d’amour gratuit
de la part de Dieu, Dieu se donne sans rien exiger en retour, il nous laisse libres .
C’est le plus haut niveau de l’amour
‘‘agapé’’don de soi.
Dieu est la figure parfaite de l’ ‘’agapé’’.

Cet amour se manifeste de trois façons :

– par la Création ( la création de Dieu
est bonne)
– par la Grâce : c’est la capacité qui nous
est donnée d’agir comme Dieu.
– par l’Incarnation : le Verbe assume une
nature humaine en devenant homme.
Ainsi, l’être humain créé est uni à Dieu,
au Divin.
C’est le projet de l’accomplissement.
C’est la Parousie ( terme grec).
L’Incarnation n’ajoute rien à Dieu, elle
n’est pas nécessaire à Dieu, elle est le
signe de ce don total, gratuit.
Lors de l’Ascension, Jésus est monté aux
Cieux avec son corps. Il n’a pas laissé
son enveloppe corporelle sur terre.
L’Ascension est la signature qui atteste
que l’union de l’homme et du Divin est
réalisée.
«  Jésus, assis à la droite du Père, veut
demeurer homme à tout jamais ».
Jésus n’est pas un sauveteur ( sauve de la
noyade en nous laissant sur la berge)
mais bien le Sauveur ( nous sauve de la
noyade mais ne nous laisse pas sur la
berge , il nous emmène plus haut, dans le
jardin d’Eden).
Jésus est venu pour l’accomplissement
parfait, total de l’être humain.
Sainte Thérèse disait que Jésus était son
« ascenseur » vers Dieu.
Le Christ est sans péché, c’est le premier
né de toute la Création.
Notes de Marguerite Sauvan